ADF e-news, Novembre/Décembre 2004   www.adf.gov/enews1104mainfr.htm

 

Dans ce numéro

L’aromathérapie se transforme en une source de revenus pour le Ghana 
Barbex Technology Limited (BTL), dans la région d’Adomfe, transforme l’aromathérapie en source de revenus en transformant des huiles essentielles vendues sur le marché sous-régional et international  
www.adf.gov/enews1104barbexfr.htm

 

l’appui de l’ADF permet de transformer le gros gibier en source de revenus pour des petits villages au Botswana
Pendant la terrible sécheresse qui a sévit en Afrique australe, de 1991 à 1992, trois villages se sont unis pour protéger les derniers rhinocéros du Botswana.  Aujourd’hui, l’ADF aide le KRST à transformer cet effort solidaire de protection de l’environnement en source de revenus
. www.adf.gov/enews1104khamafr.htm

 

Comment appuyer le développement propulsé par la demande dans les poches de pauvreté en Guinée
En Guinée du Nord, l’ADF va « au-delà de la passerelle » pour aider les villages isolés à fixer leurs propres objectifs de développement social et économique. 
www.adf.gov/enews1104kouratongofr.htm

 

Un centre vétérinaire est exactement ce que le médecin à prescrit
Pour les petits éleveurs de Banguigny, un centre vétérinaire appartenant à la communauté est exactement ce que le médecin à prescrit 
www.adf.gov/enews1104banguignyclinicfr.htm

 

A suivre  : 

www.adf.gov/enews1104dsfr.htm

 

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L’aromathérapie se transforme en une source de revenus pour le Ghana

 

Au cours des dernières années, des millions d’habitants des pays industrialisés se sont tournés vers l’aromathérapie comme remède contre le stress de la vie de tous les jours.  L’aromathérapie, une pratique qui repose sur le principe que l’huile de plantes distillée peut avoir un effet thérapeutique sur toute une gamme de maux physiologiques et de tensions émotionnelles, s’est taillée aujourd’hui une part importante du marché phytothérapeute dans les pays riches.

 

Les huiles essentielles sont devenues aujourd’hui un ingrédient clé dans la composition de beaucoup de produits de consommation tels que les huiles de massage, les laits pour le corps, les bougies parfumées et les tisanes, les aliments sportifs et autres produits de transformation alimentaire.  Selon les services de l’agriculture étrangère du département US de l’agriculture, les ventes d’huiles essentielles sur le marché américain ont plus que triplé au cours des trois dernières années.  En effet, les ventes sont passées de 313 millions de $US en 2002 à 1,5 milliards de $US en 2004.  (Voir graphique ci-dessous) :


Légende :
Valeur des importations d’huiles essentielles aux Etats-Unis 2000-2004
1,5 milliards de $US
, 1 milliard de $ US, 500 millions de $US
Source des données : Département US du Commerce, statistiques du commerce étranger.

 

Or, les producteurs africains d’huiles essentielles commencent à peine à pénétrer le marché international.  En 2004, la part des huiles essentielles achetée par les Etats-Unis chez les producteurs africains ne représentait que six millions de dollars US et la grande partie des huiles essentielles utilisées par les industries africaines comme parfums et aromes est importées d’Europe.

 

Dans le cadre de son programme qui vise à aider les petites entreprises ghanéennes à se lancer dans la production de produits de valeur ajoutée pour le marché sous régional et international, l’ADF a donné à Barbex Technology Limited (BTL), une petite entreprise du village d’Adomfe, les ressources financières nécessaires pour qu’elle puisse  accroître sa production d’huiles essentielles et de plantes aromatiques.  L’aide de l’ADF permettra à l’entreprise de créer une dizaine d’emplois, de donner aux employés des meilleurs avantages socio-économiques et de fournir aux familles paysannes pauvres des environs un marché pour leurs cultures ainsi qu’une nouvelle source vitale d’argent liquide.

 

BTL avait été créée comme usine de transformation de café, mais la forte demande pour des huiles essentielles a poussé l’entreprise à changer de cap pour devenir le producteur exclusif d’huiles essentielles du pays.

 

L’entreprise a déjà obtenu un gros succès. Elle a développé et commercialisé un produit contre les moustiques à base de citronnelle, « AromAshanti », qui est vendu dans le pays ainsi qu’au Togo et au Bénin.  L’entreprise se propose également d’accroître ses ventes en gros d’huiles essentielles à d’autres pays d’Afrique occidentale et à un courtier de parfums en France.

Toutefois, pour créer de nouveaux emplois pour ses ouvriers et un marché plus sûr pour les exploitations familiales qui lui fournissent les matières premières, BTL aura besoin de ressources financières supplémentaires.  La subvention de 238.082 $US accordée par l’ADF donnera à l’entreprise les fonds nécessaires pour obtenir :

 

·         Une machine à distiller pour améliorer l’extraction des huiles essentielles.

·         Un séchoir permettant de réduire les plantes à forte teneur d’eau en une forme plus facile à transformer.

·         Un groupe électrogène permettant de fournir de l’électricité 24 heures sur 24 à l’usine.

·         Un camion pour ramasser les matières premières des exploitations familiales et transporter les huiles transformées aux marchands.

·         Une camionnette et un tracteur pour aider BTL à établir un programme de production pour les petits paysans.

·         Du matériel informatique et des accessoires pour rehausser la gestion d’entreprise et le système de comptabilité de l’entreprise.

·         Améliorer les techniques de commercialisation avec des campagnes publicitaires à la radio, la télévision et des affiches.

·         Un fonds de roulement pour acheter des stocks de matières premières et du matériel d’emballage pour élargir sa capacité de production.

 

Avec ces améliorations, BTL anticipe pouvoir multiplier par quatre ses bénéfices nets au bout de cinq ans et de porter le nombre de ses employés à plein temps de 175 à 250.  L’entreprise espère aussi se lancer dans la transformation de produits à base d’huile de gingembre, de basilic, de « tagete » et de vétiver.  Ces huiles cibleront le marché international et en particulier les fabricants de parfums.

 

Le projet permettra de générer d’importants avantages socio-économiques pour les employés de l’entreprise de même que pour les exploitants locaux et leurs communautés. Pour aider ses employés à sécuriser leur avenir et mettre de l’argent de côté pour la retraite, BLT versera un 13eme mois aux employés et établira un fonds de prévoyance.  Les contributions de BLT au fonds de prévoyance sociale représenteront 5% du salaire des employés.  L’entreprise prévoit en outre d’accroître son réseau de producteurs de matières premières de 20 à 150, d’acheteur la production à un prix supérieur au prix du marché, d’offrir une formation à la culture de plantes aromatiques et de louer des tracteurs à bon marché.

 

BTL se propose également d’appuyer ses employés et ses producteurs agricoles et ceux du réseau encore plus en versant 5% des ses bénéfices nets à un fonds d’investissement communautaire local.  Ce fonds d’investissement a déjà financé la construction d’un centre de santé rural et l’établissement d’une ligue de football pour les jeunes.  L’année à venir, le fonds financera un programme de sensibilisation pour la prévention du SIDA à l’intention des jeunes.

 



 

Photos : La production des huiles essentielles au Ghana.

 

Photos 1 et 2

BTL offre aux petits exploitants de la région une formation à la culture de plantes aromatiques, des plants d’arbres pour les cultures, la possibilité de cultiver les terres de l’entreprise et de louer des tracteurs à bon marché.

    
 

Photo 3

BTL achète des matières premières auprès des petits producteurs de l’entreprise et du réseau pour les stocker dans des aires de séchage.


 

Photos 4, 5 & 6

Légende : De gauche à droite, 1) cuve à distiller, 2) bec qui achemine la vapeur au condensateur, 3) condensateur qui recueille l’huile distillée.

 


            



 

 

 

L’appui accordé par l’ADF permet de transformer le gros gibier en source de revenus pour des petits villages au Botswana

 

Les diamants sont à l’origine de l’essor économique rapide que connaît le Botswana depuis les années 70.  L’écotourisme toutefois, est en train de devenir un secteur de plus en plus important avec le potentiel de diversifier l’économie du pays et d’assurer une prospérité continue pendant le 21ème siècle.  Ce pays de 1,7 millions d’habitants a accueilli plus d’un million de touristes en 2004 et l’industrie du tourisme a créé des centaines d’emplois et un chiffre d’affaires de 348 millions de $US en devises.

 

L’ADF est en train d’aider les organisations communautaires au Botswana à mettre en valeur le secteur touristique, et en particulier, l’écotourisme, en les aidant à obtenir les ressources, les locaux et la formation nécessaires pour offrir des services haut de gamme aux touristes du monde entier.  Le Khama Rhino Sanctuary Trust (KRST)[1] est un organisme communautaire, situé près de la ville de Serowe, qui a réussi à organiser les habitants pauvres de trois villages dans la protection de la faune sauvage en voie d’extinction et à accueillir des touristes étrangers intéressés par l’écotourisme.  KRST a reçu une subvention de 223,720 $US de l’ADF pour améliorer et élargir son parc de vision.

 

Le sanctuaire de la faune sauvage de KRST s’étend sur 43 kilomètres carrés et abrite quelque 30 rhinocéros et autre faune sauvage et oiseaux rares.  Il se trouve aussi dans un endroit privilégié et stratégique, à mi-parcours entre Gabarone et Johannesburg et les vastes parcs nationaux du Nord du Botswana qui sont un centre d’attraction pour de nombreux touristes en quête d’excursions-safaris.  Le projet financé par l’ADF consiste à construire un centre touristique susceptible d’attirer les voyageurs et les agences de voyage et de transformer le KRST en une escale à ne pas manquer pour les fanas de la faune sauvage.

[1] Le Fonds pour le sanctuaire de rhinocéros de Khama.




Graphique  Personnes ayant visité le KRST par pays/région

Légende:  Clientèle internationale 12%, citoyens du Botswana 9%, résidents étrangers 5%, Sud-africains 70%, Zimbabwe/Namibie 4%.
 

Les fonds alloués par l’ADF permettront de :

 

·     Construire deux nouveaux chalets pour les visiteurs.

 

·     Construire un restaurant pouvant servir une cinquantaine de clients.

 

·     Acheter du mobilier haut de gamme et autres accessoires pour l’hôtel et le restaurant.

 

·    Former les membres à la gestion hôtelière.

 

Il est prévu que ces améliorations permettront à KRST d’accroître le nombre de sa clientèle dont le chiffre a augmenté de 15% par an au cours des cinq dernières années.

 

KRST a une clientèle qui comprend des agences de voyages d’Afrique du Sud spécialisées en safaris, des familles en vacances et des groupes d’élèves d’Afrique du Sud et du Botswana (voir graphique).

 

Le centre d’attraction du parc de vision KRST est la colonie de rhinocéros dont le nombre est expansion rapide.  Le parc abrite 29 rhinocéros blancs et un noir, soit un tiers du patrimoine national du pays.

 

KRST a été formé au moment le plus critique de la terrible sécheresse qui a affecté l’Afrique australe les années 91/92 lorsque le cheptel national a été décimé par une pénurie de points d’eau en milieu naturel et le braconnage dans les parcs nationaux.  A cette époque, le gouvernement confia au sanctuaire la garde de cinq des neuf derniers rhinocéros blancs du Botswana.  Au cours des dix dernières années le cheptel a grandi par reproduction naturelle et sous forme de dons d’animaux capturés en milieu naturel ou achetés sur le marché international.  En 2004, KRST espère pouvoir accroître son cheptel encore davantage en achetant plusieurs rhinocéros noirs actuellement menacés de disparition de donateurs au Zimbabwe.

 

Les efforts de préservation du patrimoine naturel d’Afrique australe entrepris de longue date par le KRST commencent aujourd’hui à offrir de nombreuses possibilités économiques pour les membres l’organisme, qui sont pour la plupart pauvres.  L’aide accordée par l’ADF permettra à KRST d’accroître sa marge bénéficiaire en lui permettant d’offrir des chambres d’hôtel et des repas à des prix plus élevés.  Alors que les touristes payent en général moins de 10 $US par personne, par jour, pour visiter le parc, la location des chalets et les services du restaurant permettent à KRST de gagner 75 et 25 $US par personne respectivement.  Le nombre annuel de clients qui ont visité l’hôtel a plus que doublé en quatre ans, passant de 963 à 2 255, et la demande de réservations pour des excursions-safari de la part des agences de voyages dépasse le nombre de lits disponibles.

 

L’expansion de ces services, permettra à KRST de recruter et de former 8 employés à plein temps des villages participants.  La construction du restaurant donnera aux paysans de la localité dont la principale source de revenu et l’élevage du petit bétail et la culture sèche la possibilité de vendre leur viande et leurs légumes au sanctuaire.  Les familles des environs pourront également accroître les revenus du ménage en vendant des produits de l’artisanat local. 

 

                                    

Le sanctuaire pour rhinocéros de Khama a été créé dans les années 91/92 à un moment où la sécheresse et le braconnage avaient décimé le cheptel national de rhinocéros pour ne laisser que neuf rhinocéros blancs.  La réussite financière de KRST est un exemple des avantages économiques à long terme que les communautés rurales pauvres peuvent récolter de leur participation aux efforts de protection de l’environnement.

 

 

 

Comment appuyer un développement propulsé par la demande dans les poches de pauvreté en Guinée

Dans son rapport sur le développement humain de 2004, le PNUD cite la Guinée parmi les vingt pays les plus pauvres du monde et souligne que la pauvreté reste concentrée en milieu rural.

 

Alors que la population pauvre en milieu urbain est estimée à 3%, le taux moyen d’extrême pauvreté dans les campagnes guinéennes est estimée à 18%.

 

Avec l’aide de la Banque mondiale, en 1997, la Guinée s’est lancée dans un programme de développement national qui cible les initiatives de développement de quelque 303 « communautés rurales de développement » (CRD).  Cet effort consiste en autre à organiser des tribunes de développement participatif pour identifier les besoins prioritaires au niveau de la localité et financer la construction d’infrastructures rurales dont le besoin à été exprimé par la communauté elle-même.  La première phase de ce programme de 12 ans a déjà abouti à une amélioration sensible du niveau de vie dans 146 CRD.  L’ADF est intervenue en tant que bailleur de fonds et agent d’exécution sur le terrain pour la mise en valeur d’infrastructures de développement rural dans les CRD de Bady, Baguinet et Baguigny, toutes trois situées près de la ville d’extraction de bauxite de Fria.

 

Le ministère du Plan a également entrepris une analyse de la pauvreté au niveau national qui a identifié 12 poches d’extrême pauvreté.  Ces poches sont situées pour la plupart dans les provinces de la Haute et la Moyenne Guinée (voir carte).  Elles sont caractérisées par l’isolement géographique, le manque d’accès aux possibilités économiques et aux services sociaux fondamentaux tels que l’éducation, la santé publique et l’eau potable).

 

Reconnaissant qu’il est important d’accélérer la livraison directe de possibilités de développement social et économique aux populations les plus défavorisées de Guinée, l’ADF a joué un rôle inédit dans son appui au développement de plusieurs communautés villageoises dans deux poches de pauvreté (voir carte).  Au cours des six dernières années, l’ADF a financé une série de projets dans la région de Fria Mabiriya de la Moyenne Guinée (poches de pauvreté no.7) et la région de Lansa-Badiar de la Haute Guinée (poche de pauvreté no.1)

Légende :  Poches de pauvreté en Guinée

L’ADF a participé avec des communautés dans ces régions pour créer des tribunes du peuple pour discuter, hiérarchiser et choisir des priorités de développement local.  Les projets financés par l’ADF ont bénéficié de contributions en nature telles que la main d’œuvre et les matériaux de construction, permettant ainsi à la Fondation d’étendre la portée de son financement.  Les subventions accordées par l’ADF ont permis de stimuler le développement économique local grâce à des investissements au niveau des infrastructures routières.  Les fonds alloués par l’ADF ont également appuyé la construction d’une dizaine d’écoles, de centres de santé et de puits publics.

 

En 2004, l’ADF a ciblé son appui en direction d’une troisième poche de pauvreté en réservant 246. 125 $US pour le développement d’infrastructures sociales d’un groupe de villages de Kouratongo qui chevauchent les préfectures de Touguet et Dinguiraye (poche de pauvreté no. 5).  Le but du projet consiste à stimuler un développement durable et équitable susceptible de générer une croissance économique à long terme.

 

Il est prévu que l’aide accordée par l’ADF à Kouratongo fournira à quelque 7.500 habitants de la localité un accès pour la première fois à l’éducation, aux soins de santé et à l’eau potable.

 

La mise en valeur du réseau routier jouera un rôle important dans les efforts de l’ADF pour aider les habitants de Kouratongo de créer un avenir meilleur.  La région produit de vastes quantités d’arachides qui sont la seule source de revenus pour de nombreuses familles.  Toutefois, des centains de petits agriculteurs sont obligés de vendre leurs récoltes aux marchands en gros qui viennent sur place car le mauvais état des routes fait que le transport des marchandises à Labé et aux autres marchés de la région est difficile et extrêmement coûteux.  Des études de marché préliminaires ont indiqué que les paysans de Kouratongo pourront gagner trois fois plus de la vente de leurs récoltes une fois qu’ils auront un accès direct aux marchés urbains.

 

Cette année, les membres de l’organisation partenaire de l’ADF en Guinée, le Centre d’appui au développement (CAD) ont travaillé avec 38 villages participants de Kouratongo pour établir des tribunes participatives de prise de décision et fixer des priorités de développement d’infrastructures rurales.  Ces priorités ont été retenues dans des plans d’actions communautaires détaillés et la construction de ces projets approuvés par la communauté démarrera en 2005.

 







Avec l’appui du personnel de l’organisation partenaire de l’ADF en Guinée, le Centre d’appui au développement (CAD) des groupes d’hommes, de femmes et de jeunes ont convoqué des tribunes de délibérations en 2004 pour discuter des priorités de développement dans la région et identifier les projets qui seront financés. L’isolement géographique de Kouratongo a laissé la région dépourvue de services d’éducation et de santé les plus élémentaires.  L’aide accordée par l’ADF au noyau de 38 villages de la localité permettra de financer la construction d’écoles, de centres de santé et de puits.




Pendant la saison sèche, les habitants de Kouratongo sont souvent obligés d’utiliser des sources d’eau insalubre pour boire et faire à manger.  Ici, une femme du village de Konkero puise de l’eau d’une source qui jaillit des racines d’un arbre.  Cette source est le seul point d’eau pour l’ensemble du village pendant la saison sèche.  Il est prévu que la construction de puits d’eau potable permettra de réduire sensiblement les cas de diarrhée, de dysenterie et d’autres maladies à vecteurs hydriques.  D’autre part, des puits construits dans des points stratégiques permettront de réduire le fardeau des femmes et des filles qui se voient souvent obligées de parcourir de longues distances tous les jours pour chercher de l’eau pour les besoins quotidiens.  Il n’existe aujourd’hui que quatre puits publics pour l’ensemble de la région de Kouratongo.




L’accès aux routes est un gros obstacle économique pour la région de Kouratongo. Le financement de l’ADF permettra aux villages de la localité de paver les routes existantes et de construire des ponts et des ponceaux traversables en toute saison et à faible coût.
 

 

Le milieu naturel de la Guinée pose de nombreux défis aux familles rurales pour qui l’élevage et la commercialisation du bétail et du petit bétail constituent leur seul gagne pain.  La Guinée est l’un des pays les plus pluvieux du monde. Or, la saison des pluies à lieu pendant six mois, de juin à novembre, et dépose en moyenne 1,5 mètres d’eau de pluie qui inonde le paysage.  Le reste de l’année, les zones de haute pression au dessus du Sahara produisent un vent sec et chaud, appelé le « Harmattan », qui limite la culture de plantes fourragères et réduit sérieusement les ressources pastorales.

 

Cette saison sèche provoque de nombreux cas de maladies résultant d’une déficience nutritionnelle parmi le bétail et les animaux de basse-cour et une flambée de maladies contagieuses du fait que les troupeaux se côtoient lorsqu’ils se réunissent autour des sources pour brouter.

 

La majorité des familles paysannes du pays pratiquent une agriculture non-irriguée à faible rendement et ne produisent pas suffisamment d’excédents pour alimenter leur bétail pendant la période de soudure.  Par conséquent, le taux de mortalité et de morbidité des animaux augmente, les stocks de viande pour la consommation familiale baissent le volume de viande que les éleveurs peuvent vendre sur le marché local et national se voit sévèrement réduit.

 

Pour aider les éleveurs de bétail et de petit bétail à contrôler les maladies qui affectent les animaux domestiques et à améliorer la qualité et le nombre du cheptel, l’ADF a accordé une subvention de 15.758 $US pour construire un centre vétérinaire qui pourra desservir plus de 300 familles d’éleveurs de la Communauté Rurale de Développement (CRD) de Banguigny.  La subvention sera rehaussée par une contribution financière de 5% de la part de la population et de contributions en nature sous forme de main-d’œuvre et de matériaux de construction disponibles localement et représentant 15% du coût total de la construction.

 

 


 

De novembre à juin, le Harmattan décime les pâturages du pays.  Cette période est marquée par une forte incidence de maladies contagieuses au sein du bétail étant donné que les troupeaux broutent à proximité les uns des autres près des lits des cours d’eau et d’autres sources d’eaux. La subvention accordée par l’ADF à la CRD de Banguigny permettra aux éleveurs de bétail et de petit bétail de protéger leurs animaux en donnant aux éleveurs les fonds nécessaires pour construire un centre vétérinaire entièrement équipé en ressources humaines et en produits vétérinaires.   Ci-dessus, une vache N’Dama en quête de pâturages dans un paysage affecté par la sécheresse en décembre près de Labé en Moyenne Guinée.  Photo prise par Bryan Callahan


 

Au cours des cinq dernières années, l’ADF a financé un vaste programme de mise en valeur d’infrastructures rurales dans la Communauté Rurale de Développement (CRD) de Banguigny.  L’appui de l’ADF a permis aux communautés locales de construire sept écoles, deux centres de santé et 11 puits publics.

 

L’objet du nouveau centre vétérinaire est de stimuler l’essor économique pour renforcer et faire perdurer les efforts locaux permettant d’améliorer l’accès à l’éducation, aux soins de santé fondamentaux et à l’eau potable.

 

Le Programme d’Appui aux Communautés Villageoises (PACV), qui a été lancé en 1997 en collaboration avec la Banque mondiale, aide les communautés rurales à travers le pays à construire des infrastructures de base de développement social et économique.  Au cours de ce programme de 12 ans, 303 CRD recevront des fonds pour construire des infrastructures de base telles que des écoles, des centres de santé et des puits.

 

L’ADF intervient aussi bien en tant que bailleur de fonds qu’agent d’exécution sur le terrain pour la mise en valeur d’infrastructures rurales dans les CRD de Bady, Baguinet et Banguigny, des localités rurales pauvres aux environs de Fria, le principal centre minier de bauxite en Guinée.  Les habitants de ces CRD jouent un rôle primordial dans la prise de décision relative aux types d’infrastructures qui seront bâties dans le cadre du PACV en participant à des tribunes de discussions participatives de développement.  Ces tribunes ont été conçues pour identifier et hiérarchiser les besoins en développement de la communauté.

 

Un élément unique en son genre de la participation de l’ADF au Programme d’Appui aux Communautés Villageoises, est l’engagement de l’ADF de maximiser la portée à longue échéance de ses contributions au développement d’infrastructures sociales en fournissant des petites subventions supplémentaires susceptibles de produire des nouvelles sources de revenus pour la population rurale.

 

En 2002, une analyse des leçons retenues d’une intervention de cinq ans sur le terrain à Bady, Baguinet et Banguigny a permis de mettre en évidence l’importance d’intégrer des plans de stimulus économique dans l’appui qu’accorde l’ADF dans le financement d’écoles, de centres de santé et de puits.  L’organisation partenaire de l’ADF en Guinée, le Centre d’Appui au Développement (CAD), a collaboré avec des tribunes de développement participatif dans chaque CRD pour identifier et financer des petits projets susceptibles de générer des revenus à l’échelle communautaire. 

 

L’objectif de l’aide allouée par l’ADF pour construire le centre vétérinaire de Banguigny et la place de marché à Baguinet* est de stimuler des sources locales de revenus pour permettre aux familles défavorisées de défrayer les frais d’éducation et de santé tout en fournissant une base de revenus capable d’appuyer l’entretien et l’expansion des nouvelles infrastructures communautaires.

Le centre vétérinaire de Banguigny offrira à plus de 300 éleveurs de la région un accès à des services d’immunisation et de soins vétérinaires à prix raisonnable.  A l’heure actuelle, les éleveurs qui veulent protéger leurs animaux contre des maladies de la saison sèche telle que l’anthrax, la fièvre hémorragique et autres maladies semblables doivent faire appel à vétérinaire privé de la ville de Fria pour guérir l’animal malade.  Cette pratique est extrêmement inefficace car chaque éleveur est facturé aussi bien pour les frais de transport et de carburant.

Le centre vétérinaire permettra aux éleveurs de Baguinet d’acheter en gros et de stocker des produits pharmaceutiques.  Les frais d’immunisation versés par les éleveurs serviront à couvrir les frais d’entretien du centre, l’achat des médicaments et le salaire d’un vétérinaire à plein temps.

Selon un recensement effectué récemment sur le cheptel national, Baguigny abrite plus de 4000 animaux de la race solide N’Dama qui résiste bien à la trypanosomiase.  La population élève également environ 1000 ovins, 2000 caprins et près de 11.000 poulets.

 

La dynamique de l’approche de l’ADF au renforcement des capacités au niveau communautaire sera le thème du premier numéro en ligne du journal de l’ADF, « l’Approche de l’ADF », du mois de décembre.  Chaque numéro du journal mettra en exergue les meilleures pratiques et les enseignements acquis des projets financés par l’ADF dans 15 pays africains.  Le premier numéro examinera les méthodes de développement participatif de l’ADF et le développement des petites et micro-entreprises en Guinée.  Tous les inscrits à l’ADF e-news recevront le premier numéro de l’Approche de l’ADF par courriel.

 

*La subvention de l’ADF pour la construction du marché de Baguinet a été l’objet d’un article de l’ADF e-news de mai 2004.

 

 

 

 

Madame Selabe reconnue pour une carrière consacrée à promouvoir le développement communautaire au Botswana.

L’ADF et les responsables du gouvernement du Botswana ont récemment reconnu Beauty Babutsi Selabe, Coordinatrice de l’ADF au Botswana, pour 16 ans de service exemplaire pour le programme de l’ADF dans le pays.  Au cours d’une réception le 18 novembre dernier à Gabarone, Madame a écouté des témoignages relatifs à ses efforts pour promouvoir le développement communautaire au Botswana de Taufila Nyamandzabo, Ministre adjoint aux affaires économiques, Kim Ward, Directeur régional de l’ADF pour l’Afrique Australe et Hamish Bowie, représentant de l’ADF au Bostwana.

 

Au cours de ses années de service en tant que Coordinatrice de l’ADF au Botswana de 1988 et 2001, l’ADF a financé 25 projets de mise en valeur de petites et micro-entreprises, d’agriculture améliorée, d’éducation et de formation.  Pendant les trois dernières années, Madame Selabe a occupé les fonctions de Directrice du programme et Présidente du Conseil d’administration de l’Action pour l’Habilitation Economique (AEET), l’organisation partenaire de l’ADF au Botswana.  Dans son rôle de chef de file de l’organisme, Beauty Selabe a investi son savoir-faire et son expérience pour établir une entité locale de développement autonome et durable.  Son leadership a également aidé l’ADF à établir un partenariat stratégique avec le gouvernement du pays hôte qui lui a permis de mettre en valeur son financement et de vulgariser son programme à un éventail plus large des communautés du pays

 

Beauty Selabe a recu une plaque et une lettre d’appréciation signée par Monsieur Nyamadzabo et Nathaniel Fields, le Président de l’ADF.  La lettre a mentionné « Il est souvent dit qu’une chose de beauté et une joie pour l’éternité, et nous sommes convaincus que votre succès pour promouvoir et appuyer un développement durable au niveau communautaire au Botswana, seront pendant longtemps le témoignage de votre force, énergie et dévouement pour un meilleur avenir.  « Mosadi ke Thari ya Sechaba » (Les femmes portent la nation).

 



Beauty Selabe a été la Coordinatrice de l’ADF au Botswana from 1988 à 2001.  Aujourd’hui elle est Présidente de l’AEET, l’organisation partenaire de l’ADF au Botswana. Photo prise par Hamish Bowie

 

 

La Fondation Fantsuam, objet d’un reportage de CNN International

La Fondation Fantsuam, un bénéficiaire de l’ADF qui se spécialise dans l’octroi de petits crédits et dans la formation aux notions élémentaires de gestion d’entreprise au bénéfice des populations pauvres de Kafanchan, dans la province de Kaduna du Nord du Nigeria, fera l’objet d’un reportage de CNN International.  L’émission Global Challenges du mois de décembre soulignera les efforts couronnés de succès de cette Fondation pour promouvoir la création d’entreprises au niveau communautaire.  Le programme de 30 minutes parlera des innovations en matière de développement communautaire des pays en développement et son reportage sur Fantsuam sera diffusé la soirée du 19 décembre.  Le programme sera retransmis tous les dimanches soirs pendant un mois.

Les détails du programme sont disponibles en cliquant sur le lien ci-après :

http://edition.cnn.com/CNNI/schedules/schedule.4.html.

 

La Fondation Fantsuam accorde un appui financier et technique aux femmes et aux agriculteurs de Kanfanchan pour les aider à accroître leurs revenus.  L’adhésion est ouverte à l’ensemble des femmes des collectivités locales de la région.

 

En 2002, l’ADF alloua une subvention de 205.000 $US à la Fondation pour qu’elle puisse étendre ses activités de micro-finance et de formation en gestion d’entreprise.  Le projet a permis de financer 4000 nouveaux prêts et offre des crédits à quelque 2000 femmes qui n’ont jamais entrepris des initiatives indépendantes de génération de revenus.

 

 

 

 


 

Un groupement féminin bénéficiaire de l’ADF au Ghana déjoue la concurrence

Les membres du projet de transformation de poissons des femmes de Blekusu ont récemment été reconnues par des représentants du ministère de l’Agriculture du Ghana, lors d’une cérémonie qui a eu lieu le 9 novembre, à Keta, pour leur production du poisson fumé de la meilleure qualité dans la région du Volta.  Ce prix est une marque de reconnaissance concrète du groupement féminin.  La région du Volta est la principale région de production de poisson du Ghana et les femmes de Blekusu ont réussi à remporter ce prix la première année de compétition.

La Coopérative de vendeuses de poisson de Blekusu (BWCFS)[1] a été officiellement inscrite avec le ministère des coopératives ghanéen en juillet 1998.  La ville de Blekusu est située sur la route Denu-Keta, près de la frontière togolaise.  L’activité principale de l’économie locale est la transformation du poisson.  La coopérative a été créée pour aider les membres pauvres à améliorer leur niveau de vie établissant une entreprise rentable de production de poisson fumé et séché.

Les 120.000 $US accordés au titre de la subvention de l’ADF ont fourni aux femmes de Blekusu le fonds de roulement nécessaire pour acheter d’importantes quantités de poisson pour la transformation alimentaire et acheter deux fumoirs à double capacité qui ont permis à la coopérative d’accroître sa production de l’ordre de 1200%.  Etant donné que le poisson fumé peut être stocké pendant neuf mois avant d’être vendu, la coopérative a également reçu des fonds pour qu’elle puisse construire un magasin de stockage où elle pourra entreposer une bonne partie de sa production tout au long de l’année.  Grâce à ces améliorations, Blekusu prévoit pouvoir tripler son chiffre d’affaires et les revenus de ses membres au bout de cinq ans.

[1] The  Blekusu Women’s Cooperative Fishmongers Society, Limited.
 



Les femmes de Blekusu célèbre le prix qui leur a été décerné pour la meilleure qualité de poisson fume de la région du Volta au cours d’une cérémonie le 9 novembre à Keta, Ghana. Photo prise par Sarah Day

 

 

Tom Coogan de l’ADF Washington est invité à participer à une conférence sur le développement économique à l’université de Yale intitulée « Des échanges équitables »

Le 3 décembre dernier, Tom Coogan du siège de l’ADF à Washington a eu l’occasion de faire un exposé et de participer à une conférence sur le développement économique de la faculté de gestion de l’Université de Yale.  L’atelier, qui avait pour  thème « Des échanges équitables », a abordé le rôle que peuvent jouer les organismes de développement pour produire des occasions de développement économiques pour les petites entreprises en Afrique, Asie et Amérique du Sud en améliorant les échanges au niveau international.  Tom Coogan, titulaire d’une Maîtrise en gestion d’entreprise de l’Univeristé de Yale, s’est entretenu des problèmes clés qui font obstacles aux petites entreprises en Afrique.  Les autres participants ont inclus Olivier Cattaneo, conseiller en développement du gouvernement français et de l’agence française de développement (AFD), et Sam Hartwell, vice-président de l’Aide aux artisans.  Avant de se joindre à l’ADF en 2000, Tom Coogan a occupé les fonctions de Directeur de finance et d’administration de « Dix milliers de villages » et de Vice président de l’entreprise « Rite Aid ».  Il a commencé à s’intéresser à l’Afrique en tant que volontaire du Corps de la Paix en Gambie au début des années 80.