Aider les communautés rurales du Botswana à miser sur le marché


A la date de son indépendance en 1966, le Botswana était l'un des pays les plus pauvres d'Afrique.  Depuis, l'économie du pays a connu l'un des taux de croissance annuelle les plus élevés du monde.  La découverte de riches ressources minières au début des années 70 a transformé le pays en premier producteur de diamants du monde.  Aujourd'hui le gouvernement possède de vastes réserves financières qu'il a investies dans un programme généralisé de développement national.

Malheureusement, toute la population d'un million sept cent mille habitants n'a pas bénéficié de la transformation économique du pays de ces quarante dernières années.  Plus de la moitié des Botswanais vivent en milieu rural et pratiquent une agriculture de subsistance et l'élevage du petit bétail (ovins et caprins) pour survivre.  Alors que le Botswana possède le deuxième cheptel de bétail de commercialisation en Afrique sub-saharienne, les troupeaux appartiennent à un petit groupe de familles privilégiées.  Dix pour-cent seulement de la population gère plus de 60% du cheptel national.

 Par contre le cheptel de petit bétail --- ovins et caprins --- estimé à trois millions est relativement équitablement réparti entre la population rurale.  Appelés souvent « le bétail du pauvre » les moutons et les chèvres coûtent moins cher, ils sont plus faciles à entretenir et à reproduire et ils résistent mieux aux maladies et à la chaleur ce qui fait qu'ils s'adaptent bien au climat aride et chaud en bordure du désert Kalahari.



« Le bétail du pauvre », animal robuste et bien adapté aux conditions du pays, la chèvre Tswana fournit de la viande et du lait, principaux éléments du régime alimentaire des communautés rurales en bordure du désert Kalahari.  La subvention allouée par l'ADF permet aux familles rurales d'augmenter leurs revenus grâce à la commercialisation de la viande et du lait de chèvre.  Diagramme de la chèvre courtoisie J.B.D. Katongole, B. Sebolai et M.J. Madimabe, « Morphologie de la race Tswana »


Les chèvres fournissent aux populations pauvres les protéines essentielles avec leur viande et leur lait et elles ont le potentiel de générer d'importants revenus pour les éleveurs qui ont accès aux réseaux commerciaux.

Les programmes de promotion des éleveurs de petit bétail sont donc essentiels pour améliorer la sécurité alimentaire et les potentialités économiques des milliers de ménages dont le chef de famille est une femme et qui n'ont pas les fonds ni la main d'ouvre nécessaire pour acheter et élever du gros bétail.  Pendant plus d'un siècle, l'attrait d'un vrai salaire dans les mines et les régions urbaines d'Afrique du Sud a poussé plus de 50% d'éleveurs à abandonner l'élevage familial traditionnel au profit d'un emploi à long terme à des milliers de kilomètres de chez eux.  A la longue, cette situation a obligé les familles pauvres à vendre leur gros bétail et à centrer leurs efforts sur des activités de subsistance plus faciles à gérer.

Cette situation a encouragé Pelokgale Seloma, ministre adjoint de l'Agriculture à exhorter les populations rurales à accroître leurs investissements dans l'élevage du petit bétail du fait que « l'élevage des ovins et des caprins a la possibilité d'être un facteur décisif pour la sécurité alimentaire et l'augmentation des revenus d'un grand nombre de ménages. »

Pour aider les familles rurales à se mettre en contact avec des réseaux commerciaux, l'ADF a accordé une subvention à l'Union Agricole du Botswana[1] pour créer un centre de commercialisation pour petit bétail à Letlhakeng, un petit village à 150 kilomètres nord de Gaborone.  Les buts du nouveau centre de commercialisation consistent à :

·          Donner à près de mille ménages un point de vente vital pour leur bétail qui attirera des gros acheteurs de viande et de lait de chèvre pour la population Gaborone en essor.

·          Générer des bénéfices plus élevés aux éleveurs de petit bétail en négociant des contrats de vente sans passer par l'intermédiaire de revendeurs qui pratiquent des prix exorbitants.

·          Etablir un fonds communautaire qui assumera la gestion autonome du nouveau centre de commercialisation.

·          Concevoir un modèle efficace d'entreprise de commercialisation communautaire susceptible d'être reproduit dans le pays.

BAU est une association nationale d'exploitants qui représente plus de 27 groupements paysans dans le pays.  Avec l'appui technique offert par le partenaire de l'ADF au Botswana, l'Action pour l'habilitation économique (AEET)[2], BAU aidera les éleveurs locaux à obtenir les compétences en gestion financière et en commercialisation nécessaires pour assumer la gestion quotidienne du centre de commercialisation au titre d'une ONG nouvellement créée, la Société villageoise de Motlhare (MVT)[3].  Cette entité assumera la gestion autonome du centre de commercialisation de Letlhakeng la dernière année de ce projet de trois ans.

Il est prévu que le chiffre d'affaires généré par les ventes annuelles de petit bétail triplera pendant le projet et que les revenus des familles d'éleveurs passeront à plus de deux millions de Pula (413.000 $US).  L'on s'attend également à ce que le nouveau centre de commercialisation du bétail soit rentable à la fin du projet et qu'il produise suffisamment de revenus pour défrayer les frais d'entretien du site et fournir un emploi à plein temps pour son personnel.

[1] BAU : Botswana Agricultural Union.

[2] AEET : Action for Economic Empowerment Trust.

[3] MVT : Motlhare Village Trust.
 



Carte géographique du Botswana montrant Letlhakeng par rapport à la capitale et le désert Kalahari.

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