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Le tourisme écologique en Afrique
australe connaît un essor spectaculaire
depuis quelques années à mesure que
l'environnement mondial devient un thème
d'intérêt populaire dans les pays
d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie
de l'Est à revenus élevés. Or, alors que
de nombreux Botswanais gagnent de
l'argent en travaillant comme guides ou
employés de villages et de campings eco-touristiques
dans le Delta d'Okavango, il n'existe
quasiment aucune appropriation locale
des dizaines de groupes ou agences de
tourisme qui offrent aux touristes
étrangers l'occasion de vivre le
Botswana authentique.
En 1998, l'ADF a
accordé une aide à Okovonga Polers'
Trust (OPT) de Seronga pour qu'ils
puissent construire un village
écologique sur les rives pittoresques de
l'Okavango. Le camping d'OPT a de
ravissants bungalows avec des toits en
chaume assortis de panneaux solaires qui
fournissent aux visiteurs de l'eau
chaude et de l'électricité. L'ADF a
également mis des fonds à la disposition
du groupement pour l'établissement d'un
fonds de prêts renouvelable pour
permettre aux 75 membres du groupement à
acheter de pirogues « Mekoro » en laine
de verre. Chacun des bateliers se sert
de sa pirogue pour transporter les
touristes aux îles du Delta.
Les aménagements
touristiques ont rapporté des devises
aux communautés autour des lacs et des
marécages panoramiques du Delta,
permettant ainsi à des dizaines de
familles d'éleveurs du Nord du pays à
gagner suffisamment d'argent pour
reconstituer le cheptel de bétail décimé
par une épidémie régionale qui affecte
les poumons.
Forte de cette
expérience, l'ADF appuie à présent le
Gaing-O Community Trust (GCT) du village
de Mmantshumo dans le Nord-Est du pays
dans ses efforts pour transformer l'une
des plus spectaculaires merveilles
nationales, l'île de Lekhubu, en site
touristique.
Il y a plus de
20 mille ans, les roches « kopjes » de
l'île de Lekhubu ont percé la surface de
cette grande mer intérieure alimentée
par les eaux de ruissellement qui
traversent les plaines du Botswana à
partir des plateaux du centre de
l'Angola. Au cours des millénaires, le
climat de plus en plus sec a évaporé le
lac et a laissé une grande plaine de
marais salants appelée le Makgadikgadi.
Aujourd'hui, l'île de Lekhubu est
parsemée de baobabs massifs et des
ruines archéologiques des tribus San qui
utilisèrent les vues panoramiques de
l'île pour repérer le gibier et les
collines pour communier avec les dieux.
Inquiets que le
tourisme non réglementé finirait par
détruire les ressources historiques,
culturelles et naturelles de l'île, les
1 600 habitants du village de Mmatshumo
ont créé un comité pour protéger ce
patrimoine. Les villageois ont donc fait
appel à l'appui des Monuments, Musées et
Galleries d'Art Nationaux du
gouvernement de Botswana et de
Permaculture Trust de Bostwana, une ONG
qui encourage l'emploi durable des
ressources naturelles, pour créer le
Gaing-O Community Trust.
Avec les fonds
accordés au titre d'une subvention avec
l'ADF, GCT s'efforcera de transformer
les initiatives de préservation du
groupe en activités économiques durables
en finançant :
. L'établissement de deux campings
près du village de Mmatshumo.
. La formation des habitants du
village en gestion d'entreprise,
financière et touristique, ainsi qu'aux
méthodes de suivi et d'évaluation de
projets.
. L'achat d'équipements pour le
camping, d'aménagements pour faire la
cuisine et évacuer les déchets, et d'un
véhicule pour transporter de l'eau
potable et des vivres à l'île.
. Une étude de marché, une campagne
publicitaire et une sensibilisation.
.
L'établissement d'un site Internet qui
permettra aux touristes étrangers de
faire directement des réservations
auprès de GCT.
Il est prévu que
ces investissements permettront au
groupement de multiplier par deux le
nombre total de visiteurs et de porter
le chiffre de 3,200 l'an I à 6,500 l'an
V. Les revenus du camping et des tours
organisés, des repas et des boissons, du
bois de chauffe et d'autres produits
essentiels tripleront et procureront aux
villageois les fonds nécessaires pour
préserver les sites géographiques et
archéologiques tout en donnant des
emplois permanents à de nombreux
habitants dans une région qui n'a pas
directement bénéficié de la croissance
économique impressionnante que connaît
le pays depuis plus de 20 ans.
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