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Dans son Rapport
sur le développement humain de 2004, le Programme des Nations Unies
pour le développement (PNUD) cite le Niger comme occupant la
deuxième place des pays les plus pauvres du monde. La plupart de
ses 11 millions d'habitants vivent dans des régions semi-arides et
pratiquent une agriculture de subsistance en cultivant du de mil, du
sorgho et d'autres céréales qui résistent à la sécheresse.
La forte
fluctuation annuelle des prix des produits de base a laissé de
nombreuses familles paysannes dans un endettement endémique. Les
producteurs qui vivent près du seuil de la pauvreté sont souvent
obligés de vendre leur production pendant les récoltes en août et en
septembre lorsque le marché est saturé et les prix sont au plus
bas. Ces agriculteurs sont ensuite forcés d'acheter des produits
vivriers supplémentaires pendant la période de soudure en juin et
juillet lorsque les produits alimentaires sont en pénurie et que les
marchands pratiquent des prix exorbitants.
Pour aider les
communautés locales à mettre en valeur des nouvelles avenues de
sécurité alimentaire, l'ADF a financé l'établissement de banques de
céréales dans le pays pour aider les petits producteurs à acheter et
à vendre des céréales à des prix préférentiels par l'intermédiaire
de magasins de stockage situés dans plusieurs villages. Ces
banques appartiennent à des organisations communautaires de base (OCB)
qui sont aussi chargées de leur gestion. L'ADF a récemment accordé
une aide à Eco-Développement Participatif (EDP) pour qu'il
transforme des entrepôts du district de Maradi en des banques d'une
autre sorte, notamment des institutions durables d'octroi de prêts.
EDP vient
d'adopter un système innovateur de garantie de prêts. Ce système
permet aux petits producteurs membres d'une OCB de stocker une
partie de leur récolte annuelle dans des entrepôts situés dans leurs
villages. Ces réserves à leur tour servent de garantie pour des
prêts en liquide que les paysans utilisent pour financer des
activités génératrices de revenus pendant la saison sèche qui dure
sept mois. Les paysans ont aussi la possibilité de retirer et de
vendre leur caution à la fin de la saison sèche qui correspond à la
période de pointe du cycle annuel des prix.
La viabilité du
modèle de garantie adopté par l'EDP est assurée par un système de
gestion qui est efficace tout en étant équitable. En effet, si un
paysan fait défaut sur un prêt, l'OCB vendra sa récolte pour
récupérer ses pertes mais restituera tout excédent de la vente au
producteur. Ce système permet d'empêcher que les emprunteurs ne
tombent dans le cercle vicieux d'endettement et de dépendance dans
lequel les familles sont souvent exploitées par des créanciers
privés.
Les paysans qui
participent au programme se servent souvent des prêts accordés pour
acheter des aliments pour bétail pour faire de l'élevage et
notamment l'embouche du bétail et de petits ruminants, une activité
qui leur permet de vendre de la viande au marché et d'acheter du
lait et du beurre pour la consommation du ménage. D'autres
utilisent les prêts pour acheter et commercialiser des produits de
transformation alimentaire ou pour ouvrir des petits restaurants ou
des kiosques de café dans villes de la localité.
Avec les fonds
alloués au titre de l'Accord de Subvention avec l'ADF, l'EDP
construira et équipera 16 nouveaux entrepôts dans des villages du
département de Maradi. D'autre part, il fournira les ressources et
la formation nécessaire à 32 OCB villageoises pour qu'elles puissent
mettre en ouvre des systèmes durables de crédit renouvelable. Les
revenus générés par ces institutions de crédit renouvelable
financées par l'ADF permettront à l'ONG de construire quatre
entrepôts et de mettre en valeur huit OCB supplémentaires au cours
du projet qui durera cinq ans.
Le programme de
garantie de l'EDP a pour but spécifique de donner un accès au crédit
à quelque 900 petits producteurs de Maradi. Toutefois, l'objectif à
long terme de l'ADF est de produire un modèle de garantie de prêts
financièrement viable qui permettra d'aider des ONG locales telles
que l'EDP et être le catalyseur pour le développement des réseaux
rentables d'institutions de crédit au niveau de la communauté.
Au titre du projet
de l'ADF, l'EDP avancera les fonds pour la construction des
entrepôts en offrant des prêts, à faible intérêt, et à long terme
aux organisations communautaires de base participantes. Les OCB
rembourseront les frais de construction, tous les ans, sous forme de
frais d'emmagasinage peu élevés. L'EDP se servira des
remboursements pour investir dans des nouvelles OCB. L'EDP anticipe
avoir la capacité de financer le développement de deux nouvelles
organisations et une banque de céréales tous les ans
Le Partenaire de
l'ADF au Niger, Action pour le Développement Intégré Durable à la
Base (ADIDB), entreprendra des ateliers de « formation pour
formateurs » à l'intention du personnel de l'EDP. A leur tour les
membres de l'EDP transféreront ces compétences aux OCB en leur
donnant une formation en gestion et à la tenue des livres, suivi et
évaluation, et en dynamique de groupe.
L'EDP, qui est
enregistrée conformément à la législation régissant les ONG au
Niger, appuie des projets de développement économique et de gestion
des ressources naturelles dans le département de Maradi depuis
1996. Ses membres fondateurs possèdent une vaste expérience en
développement pour avoir travaillé avec le gouvernement du Niger
dans la réalisation de programmes de développement rural financés
par le PNUD et la FAO. - Bryan Callahan
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