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Des Méthodes de
Développement Participatif Forgent un Partenariat de Guérison à
Baguinet
A
travers la plupart des régions rurales d’Afrique Sub-Saharienne, des
guérisseurs traditionnels fournissent des soins thérapeutiques aux
malades et aux blessés de leurs communautés. Bien des guérisseurs
utilisent une gamme impressionnante de médicaments à base d’herbes
pour soulager les symptômes aigus de certaines maladies courantes.
Les guérisseurs servent également de sages-femmes, conseillers de
maladie mentale et de conseillers spirituels aux familles en
conflit.
Ces
rôles multiples donnent aux guérisseurs traditionnels une influence
extraordinaire au niveau local, notamment dans les villes et
villages où les services de soins de santé primaire financés par le
Gouvernement Guinéen ou des organisations donatrices, sont limités
ou indisponibles. Ces dernières années, de nombreux gouvernements
Africains et organisations donatrices ont reconnu l’influence des
guérisseurs traditionnels, et ils ont donc fait un effort positif
pour intégrer les guérisseurs locaux dans les cadres plus vastes des
programmes de santé nationaux. L’Afrique du Sud est en train
d’examiner un programme national d’accréditation et de licence pour
ses guérisseurs traditionnels, et des associations agréées
nationales de guérisseurs traditionnels opèrent dans plusieurs
autres pays.
Ces
efforts font contraste avec les politiques adoptées durant la
période coloniale et pendant les premières décennies après
l’indépendance, lorsque les guérisseurs traditionnels en tant que
groupe, étaient souvent traités de “charlatans” ou “sorciers” et
forcés de pratiquer leur art en dehors du secteur formel de la
médecine autorisée par la loi. Cette approche hostile créa des
systèmes de prestation de services de santé parallèles qui
intensifièrent la concurrence entre les agents de santé ruraux
soutenus par le gouvernement et les guérisseurs traditionnels, et
firent obstacle au développement de réseaux de référence intégrés
pour les patients dangereusement malades.
L’approche participative d’ADF au développement d’infrastructure
rurale a aidé à combler le vide entre les soins de santé primaire
sponsorisés par le gouvernement et la guérison traditionnelle dans
la Communauté de Développement Rural de Baguinet. A la fin des
années 90, les représentants sur le terrain d’ADF ont aidé le
village de Gnankahouré à créer des forums communautaires qui ont
permis d’identifier et de définir l’importance des besoins locaux
par le biais d’un vaste processus d’évaluation participative. Le
village était divisé en quatre groupes de parties prenantes, à
savoir: les hommes, les femmes, les personnes âgées et les jeunes.
Chacun de ces groupes fournirent d’importantes listes de problèmes
locaux ainsi que des recommandations sur la manière de les résoudre.
Un
des membres du groupe des femmes âgée de 65 ans, Mariana Kamara fit
pression pour obtenir la construction d’un centre de santé rural et
s’inspira du respect qu’elle avait gagné en tant que guérisseuse
communautaire pendant 36 ans pour obtenir l’ample soutien du village
pour la construction d’une nouvelle clinique.
Kamara est fière de son art qu’elle apprit de sa mère. Elle traite
les blessures de la peau et les plaies ouvertes à l’aide d’eau
chaude et d’astringent à base d’herbes, elle est aussi experte à
faire la différence entre le paludisme et d’autres types de fièvre.
Elle a également aidé à mettre au monde la plupart des enfants de
Gnankahouré au cours des deux dernières décennies.
Kamara savait cependant qu’elle n’avait ni les médicaments, ni
l’expertise nécessaires pour traiter les cas sérieux de paludisme et
de diarrhée, et qu’elle avait vu bon nombre de ses patients mourir
avant d’avoir pu atteindre la clinique la plus proche de Baguinet ou
l’hôpital public de Fria.
“Voilà pourquoi je voulais une clinique ici à Gnankahouré, avec un
agent de santé qui sache traiter ces maladies avant qu’elles ne
deviennent trop sérieuses,” dit Kamara. “Il y a beaucoup de choses
que je peux faire pour aider ici les gens. Mais il y a également
des choses que je ne peux pas faire. L’agent de santé et moi-même
travaillons très bien ensemble maintenant. Je prends les cas que je
peux traiter, les infections cutanées et certains types de toux et
de fièvres, ainsi que les accouchements. Et lorsque je sais que je
ne peux pas aider quelqu’un ou qu’il y a des complications, c’est
réconfortant que de le savoir là.”
Lui,
c’est Alpha Lary Diallo, il a 45 ans, c’est un agent de santé
communautaire qui reçut une formation médicale à l’Ecole
Professionnelle de Kindia. Diallo fut affecté à la clinique de
Gnankahouré par le Gouvernement Guinéen après la fourniture par
l’ADF du financement qui permit de construire la clinique et
installer un puits public dans le village.
Diallo et Kamara ont développé une étroite relation depuis son
arrivée à Gnankahoure il y a deux ans. Kamara siège sur le comité
du village qui supervise les opérations de la clinique ainsi que
l’entretien du puits. Tous deux travaillent ensemble également à la
formation des villageoises en obstétrique.
Et
Diallo de faire remarquer: “Avant mon arrivée, le village n’avait
pas accès à des médicaments contre le paludisme autres que les
comprimés de quinine”. “Madame Kamara devait référer les cas graves
à Fria qui est située à 32 kilomètres de là. Lorsque les femmes
avaient des complications d’accouchement, il fallait les transporter
pendant neuf heures dans un hamac sur une route montagneuse
lorsqu’on ne disposait pas de véhicule. A présent, elle m’envoie
les cas difficiles. Nous disposons d’une radio qui fait appel à un
véhicule en cas d’urgence. Mon travail ici est grandement facilité
par elle et elle représente mon plus ardent défenseur dans la
communauté.”
Le
succès du partenariat de guérison entre Kamara et Diallo met en
évidence les avantages des approches participatives au développement
qui engagent les parties prenantes à tous les niveaux de la prise de
décision, ainsi que de l’exécution, de l’évaluation et du suivi du
projet.
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